Depuis 2020, des millions de personnes travaillent depuis chez elles. Peu d'entre elles ont acheté une chaise de bureau. La plupart utilisent ce qu'elles avaient : la chaise de la salle à manger, un tabouret, parfois le canapé.
On s'est dit que ce serait provisoire. Cinq ans plus tard, c'est devenu le poste de travail principal de beaucoup de gens. Et les chiffres commencent à en dire quelque chose.
Ce que dit l'étude de Santé publique France
En octobre 2023, Santé publique France a publié une étude portant sur des travailleurs qui n'avaient aucune lombalgie au début du troisième confinement. L'objectif : mesurer si le télétravail était associé à l'apparition de douleurs dans le bas du dos.
Les résultats : la lombalgie est apparue chez 9,2 % des télétravailleurs à temps plein, contre 5,3 % des travailleurs hybrides et 4,8 % de ceux qui ne télétravaillaient pas (Santé publique France, 2023).
Un point d'honnêteté sur ces chiffres : il s'agit d'une tendance observée dans une enquête, qui demande à être confirmée par d'autres études.
L'étude souligne surtout le rôle des conditions de télétravail : être satisfait de son installation est associé à un risque plus faible de lombalgie.
Ce n'est donc pas tant le fait de travailler chez soi qui pose problème. C'est comment on y travaille.
Pourquoi une chaise de salle à manger n'est pas une chaise de bureau
Ça paraît évident dit comme ça, et pourtant presque personne n'y pense.
La hauteur est fixe. Une chaise de bureau se règle pour que vos pieds soient à plat et vos avant-bras à l'horizontale. Une chaise de repas est à une hauteur unique, choisie pour aller avec une table de repas — pas avec un bureau et un écran.
L'assise est plate et dure. Bois, rotin, ou une mousse fine de quelques centimètres. Sur quarante-cinq minutes de dîner, aucun problème. Sur sept heures, votre poids se concentre sur deux petites zones osseuses du bassin, sans aucune répartition.
Il n'y a pas de dossier lombaire. Le dossier d'une chaise de repas est vertical et souvent trop haut ou trop bas pour épouser la courbure de votre bas du dos.
Elle ne pivote pas. Chaque fois que vous vous tournez vers un document, un écran, une fenêtre, c'est votre tronc qui se vrille au lieu de la chaise qui tourne.
Les trois signes que votre installation vous abîme
1. Vous changez de position sans arrêt
Vous croisez les jambes, décroisez, glissez vers l'avant, remontez. Ce n'est pas de l'agitation : c'est votre corps qui cherche à soulager un point d'appui devenu douloureux. Un poste correct ne demande pas ce travail permanent.
2. Vous vous relevez en prenant appui
Une main sur le bureau, une sur l'accoudoir. C'est le signe que la musculature qui vous a maintenu toute la journée est arrivée au bout.
3. La douleur est là le matin, pas seulement le soir
Une gêne qui apparaît en fin de journée et disparaît la nuit, c'est de la fatigue. Une gêne encore présente au réveil, c'est que la récupération nocturne ne suffit plus à compenser la journée précédente.
Ce que vous pouvez faire gratuitement, aujourd'hui
Avant d'acheter quoi que ce soit, ces réglages ne coûtent rien.
Ajustez la hauteur relative. Vos pieds doivent reposer à plat au sol, vos hanches au niveau des genoux ou légèrement au-dessus. Si votre chaise est trop basse, posez un coussin ferme ou un livre épais dessus. Si vos pieds pendent, mettez un carton sous vos pieds.
Remontez votre écran. Le haut de l'écran à hauteur des yeux. Une pile de livres fait très bien l'affaire. Si vous travaillez sur portable, c'est la modification qui change le plus de choses : l'écran monte, et votre nuque arrête de tirer.
Rapprochez-vous. Si vous devez tendre les bras vers le clavier, votre dos s'arrondit automatiquement. Avancez la chaise jusqu'à ce que vos coudes soient près du corps.
Levez-vous régulièrement. Une minute toutes les demi-heures ou trois quarts d'heure. C'est ce qui ressort le plus nettement de la recherche : ce n'est pas la bonne posture qui protège, c'est d'en changer.
Coupez la journée. Une vraie pause déjeuner, ailleurs qu'à votre poste. C'est aussi ce que suggère l'étude française : la satisfaction et l'état psychologique jouent un rôle réel, pas seulement la mécanique.
Quand les réglages ne suffisent plus
Si vous avez tout réglé et que la gêne persiste, le problème restant est souvent la surface d'assise elle-même. Une chaise en bois ou une mousse tassée concentrent votre poids sur deux points, quoi que vous fassiez par ailleurs.
Deux options, honnêtement.
Une vraie chaise de bureau. C'est la solution la plus complète : hauteur réglable, dossier lombaire, pivot, accoudoirs. Comptez entre 150 et 400 € pour un modèle correct. Si vous télétravaillez à plein temps et que vous avez la place, c'est le meilleur investissement.
Un coussin d'assise. Beaucoup moins cher, et surtout transportable d'une pièce à l'autre. Il ne remplace pas une bonne chaise sur le plan du dossier et des réglages, mais il traite le point d'appui — c'est-à-dire ce qui vous fait mal en premier sur une assise dure.
Et si votre employeur participe au matériel de télétravail, demandez. Beaucoup de salariés ne le font jamais.
Quand consulter
Cet article parle d'inconfort et de lombalgie commune. Certains signes demandent un avis médical : une douleur qui descend dans la jambe sous le genou avec fourmillements ou perte de force, une douleur qui vous réveille la nuit sans lien avec la position, de la fièvre ou une perte de poids inexpliquée, des troubles urinaires. Dans ces cas, parlez-en à votre médecin plutôt que de chercher une solution matérielle.
Chez Jandolia, nous vendons un coussin en gel alvéolé qui répartit la pression sur toute la surface d'assise. Il transforme une chaise ordinaire en assise supportable — il ne la transforme pas en chaise ergonomique, et nous ne le prétendrons pas.
Sources
- Santé publique France — Étude des relations complexes entre conditions de télétravail et survenue de lombalgie tenant compte de la symptomatologie dépressive, octobre 2023 (données de l'enquête CoviPrev).
- Channak S., Speklé E.M., van der Beek A.J., Janwantanakul P. — The effectiveness of a dynamic seat cushion in preventing neck and low-back pain among high-risk office workers, Scandinavian Journal of Work, Environment & Health, 2024;50(7):555-566.
- Wilke H.J. et al. — New in vivo measurements of pressures in the intervertebral disc in daily life, Spine, 1999;24(8):755-762.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical.